Rachel Tubiana – CPA

Ossek Patour ou Ossek Mourshé : comment choisir ?

Le plafond de chiffre d’affaires n’est pas le seul critère. Tour d’horizon des conséquences réelles de chaque statut.

Bureau vitré d’un cabinet comptable

C’est la première question que se pose tout indépendant en Israël, et souvent la plus mal tranchée : on retient le plafond de chiffre d’affaires, on en déduit un statut, et on découvre deux ans plus tard qu’on a laissé de l’argent sur la table.

Ce que dit la règle

L’Ossek Patour est un régime simplifié de TVA. Il est ouvert aux activités dont le chiffre d’affaires annuel reste inférieur à un plafond revalorisé chaque année par l’administration fiscale israélienne, et dont le secteur d’activité n’est pas exclu du dispositif.

L’Ossek Mourshé est le régime de droit commun. Il s’applique obligatoirement au-delà du plafond, et peut être choisi volontairement en dessous.

Ce que change réellement le statut

1. La TVA que vous facturez

En Ossek Patour, vous ne facturez pas la TVA. Face à un client particulier, c’est un avantage commercial direct : votre prix affiché est votre prix final. Face à une entreprise assujettie, l’avantage disparaît — votre client récupère de toute façon la TVA que vous lui facturez.

2. La TVA que vous récupérez

C’est le point le plus souvent sous-estimé. En Ossek Patour, vous ne récupérez aucune TVA sur vos achats professionnels. Si votre activité suppose du matériel, un véhicule, des logiciels, de la sous-traitance ou un local, la TVA non récupérée devient un coût sec.

Un indépendant qui investit 40 000 shekels dans son outil de travail perd, en Ossek Patour, l’intégralité de la TVA correspondante. Ce seul poste peut rendre l’Ossek Mourshé plus avantageux, même très en dessous du plafond.

3. La charge administrative

L’Ossek Patour est plus léger : pas de déclaration périodique de TVA, une déclaration de chiffre d’affaires simplifiée. L’Ossek Mourshé suppose une déclaration mensuelle ou bimestrielle au Ma’am. La différence de coût comptable existe, mais elle est moins importante qu’on ne le croit.

4. L’image auprès des clients

Certains donneurs d’ordre, notamment les grandes entreprises et le secteur public, travaillent difficilement avec des Ossek Patour, par habitude autant que par contrainte. Si votre clientèle cible est B2B, le statut de Mourshé évite une friction inutile.

Les points que l’on oublie

  • L’impôt sur le revenu est identique. Le statut Ossek Patour ou Mourshé ne concerne que la TVA. Vos bénéfices sont imposés de la même manière dans les deux cas.
  • Le Bituach Leumi est identique. Les cotisations sociales sont calculées sur le revenu, sans lien avec le régime de TVA.
  • Certaines professions sont exclues. Plusieurs professions libérales réglementées ne peuvent pas opter pour l’Ossek Patour, quel que soit leur chiffre d’affaires.
  • Le dépassement du plafond est immédiat. Dès que vous franchissez le seuil en cours d’année, vous devez passer en Mourshé et facturer la TVA — sans période de tolérance.

Comment trancher

En pratique, la question se résume à trois éléments : votre chiffre d’affaires prévisionnel, la part de vos clients assujettis à la TVA, et le montant de vos achats professionnels. Une simulation sur ces trois variables donne une réponse nette en moins d’une heure.

Le bon statut n’est pas le plus simple : c’est celui qui coûte le moins cher une fois la TVA récupérable prise en compte.

Rachel Tubiana

Écrit par

Rachel Tubiana

Expert-comptable inscrit en Israël. Le cabinet accompagne indépendants, sociétés et particuliers en français et en hébreu, de l’ouverture du statut à la déclaration annuelle.

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